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Les enfants de Daumier au XXème siècle

Effel

François Lejeune (1908-1982), qui signe Jean Effel, pseudonyme qui reprend ses initiales, a étudié l’art, la musique et la philosophie à Paris. Après avoir échoué à faire carrière en tant que dramaturge ou peintre, il commence à placer ses illustrations dans divers périodiques français (Paris-Soir, Le Rire, Marianne, Le Canard enchaîné, L’Os à moelle, etc.). Il devient bientôt l'un des illustrateurs les plus courus de France. Parmi les oeuvres les plus importantes de Jean Effel figurent un recueil de caricatures anti-fascistes (1935), le conte pour enfants Turelune le Cornepipeux (1944) et la série La Création du Monde, lancée en 1937. Ces dessins sont rassemblés dans cinq volumes thématiques : Le Ciel et la Terre, Les Plantes et Animaux, L’Homme, La Femme et Le Roman d’Adam et Eve. Jean Effel a également dessiné et réalisé des posters et écrit des pamphlets. Après la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle fut une source extraordinaire d’inspiration pour lui. De très nombreuses publications accueillirent ses dessins: L’Humanité-Dimanche, L’Express, Paris-Match, France-Soir. Son style optimiste et sympathique l’ont élevé au rang des plus grands illustrateurs français. Hommage assez rare pour un humoriste, un timbre-poste lui a ainsi été consacré en 1983.

Forain

Jean-Louis Forain (1852-1931), évoque avec une grande férocité les portraits anonymes des profiteurs et des politiciens véreux. Il s’engage du côté des antidreyfusards lors de l’Affaire et crée, avec Caran d’Ache, le journal antisémite P’sst...! auquel répond Le Sifflet d’Henri Gabriel Ibels.

Gassier

Henri-Paul Gassier (1883-1951) travaille principalement au Canard enchaîné, à l’Humanité (jusqu’en 1924, date de l’élimination des éléments «trotskistes»), au Populaire et à l’Œuvre. Alors que les caricaturistes du XIXesiècle soulignaient à l’envie le caractère plutôt effrayant de leur modèle, Gassier agit en «réducteur» de têtes. Il est passé maître dans l’utilisation de l’espace pourtant limité réservé aux dessins. Gassier est le représentant «de gauche» de la tendance graphique qu’il a créée Sennep est sa contrepartie, d’ailleurs également talentueuse, «de droite». Leurs styles sont si proches et leurs positions politiques si opposées qu’un éditeur leur donna l’occasion de faire œuvre commune dans une Histoire de France de 1918 à 1938 où chacun, à sa façon, commente l’événement.

Moisan

Roland Moisan (1907-1987) dessine des caricatures dès son plus jeune âge, et en particulier durant la guerre de 1914-1918. Dessinateur technique de formation, il commence à peindre dans le style fauve des années trente. Il suit ensuite des cours aux Arts déco de la rue d’Ulm à Paris. Devenu dessinateur de presse, il travaille pour plusieurs journaux parmi lesquels Le Merle, Vendredi, Le Sourire et Le Petit bleu. Après la guerre, il entre au Parisien libéré et travaille également pour l’hebdomadaire Carrefour. Il est surtout célèbre pour ses illustrations de la chronique «La Cour» dans Le Canard enchaîné où il entre en 1958.

Sennep

Jehan Pennès, dit Sennep (1894-1982), commence son activité de dessinateur de presse au lendemain de la Première Guerre mondiale. Son dessin se caractérise par un trait d’une grande nervosité, qui en fait un style unique et reconnaissable entre tous. Anti-parlementariste déclaré, il prend pour cibles préférées Léon Blum et Aristide Briand. À travers le premier, il vise le cartel des gauches puis le Front populaire, et, à travers le second, les conférences internationales et le pacifisme. Il collabore régulièrement au Coup de patte (1931-1932), au Rire, pour lequel il réalise des numéros spéciaux (en 1934 et 1938). En 1941, Sennep se rallie à la France libre. Après la guerre, il deviendra le dessinateur attitré du Figaro, jusqu’à son départ à la retraite en 1967 et son remplacement par Jacques Faizant.

Boll

Né en 1962 à Paris, Dominique Boll commence sa carrière de dessinateur de presse en 1986 pour Le Monde, L’Expansion, L’Express, La Recherche, L’Évènement du jeudi; il est aussi illustrateur pour de grandes maisons d’édition. Il dessine aujourd’hui, entre autres, pour Le Point et Les Échos, ainsi que pour les éditions Laffont et Hachette Jeunesse. Il a été l’un des six dessinateurs invités à participer à l’exposition sur la caricature organisée par l’Assemblée nationale en janvier-février 2004.

Cabu

Jean Cabut, qui signe ses dessins sous le nom de Cabu, est né en 1938. Il a étudié à l’école Estienne. Caricaturiste efficace et mordant, il se plaît à moquer l’ordre établi avec une grande liberté de pensée. Il a réalisé ses premiers dessins, encore enfant, en 1950. Depuis lors, sa veine ne s’est jamais démentie. Il a collaboré à de très nombreux journaux dont Paris-Match, Hara-Kiri, Le Rire, Paris-Presse, Le Journal du dimanche, Charlie hebdo, Le Nouvel Observateur, Fluide glacial, Le Canard enchaîné, L’Événement du jeudi…Il est également l’auteur d’innombrables albums illustrés.

Calvi

Philippe Vallencien, dit Calvi, né en 1938, est dessinateur au Figaro magazine et au Figaro. Il a également publié dans des titres aussi variés que France-Soir, Le Monde littéraire, Le Journal du dimanche, Minute ou encore Télérama. Ses dessins ont été réunis en dix-huit albums, dont le dernier en date s’intitule L’Histoire de France de Vercingétorix à Chirac.

Pétillon

Né en 1945, René Pétillon débute sa carrière de dessinateur autodidacte dès 1968 dans Planète, Plexus et L’Enragé. Il crée sa première bande dessinée en 1972 dans Pilote – journal dans lequel il créera le personnage de Jack Palmer. Également scénariste, il reçoit le prix d’Angoulême en 1989. Après cinq ans de collaboration avec VSD, il entre au Canard enchaîné en 1993. L’Enquête corse, l’un des quarante albums qu’il a déjà publiés, a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2004.

Plantu

Jean Plantureux, dit Plantu, né en 1951, suit à Bruxelles des cours de bande dessinée, après des études de médecine. Il entame une carrière de dessinateur, entre au Monde et, à partir de 1985, y fait la «une» avec un grand talent. Depuis Pauvres chéris, publié en 1978, jusqu’à Ils pourraient dire merci! en 2004, il a publié plus d’une trentaine d’albums. Plantu, très sensibilisé aux problèmes de restrictions de la liberté de la presse, parcourt le monde pour défendre cette cause, notamment dans les pays où elle est particulièrement menacée. L’éditorialiste du Monde est également sculpteur: auteur de terres cuites peintes représentant ses personnages caricaturés, il a ainsi exposé, avec quelques dessins sur la justice, des statuettes représentant des juges lors des expositions organisées à la Cour de cassation en 1996 et à l’Isle-Adam en 1999 par l’Association des Amis d’Honoré Daumier.

Tim

Louis Mitelberg (1919-2002), qui signe ses dessins sous le nom de Tim, est né en Pologne. Il publie son premier dessin dans le courrier des lecteurs du magazine polonais d’opposition Szpilki. Venu à Paris en 1937 suivre des cours d’architecture, il est incorporé en 1940 fait prisonnier en 1941, il s’évade pour rejoindre Londres. Il entre à L’Express en 1958, après avoir exposé ses dessins dans le monde entier. Il a publié de nombreux ouvrages de dessins de presse et illustré les œuvres de grands écrivains, comme les œuvres complètes de Franz Kafka et d’Émile Zola. En 1984, une rétrospective de son œuvre s’est tenue au musée des Arts décoratifs de Paris. Sans conteste l’un des dessinateurs politiques les plus importants de son époque, Tim est aussi un remarquable statuaire. Parmi ses sculptures, on peut citer le Monument aux déportés à Auschwite III (1993), installé au cimetière du Père-Lachaise, et L’Hommage au capitaine Dreyfus (1994) édifié boulevard Raspail, à Paris. En 2000, il a également réalisé une statue de Daumier en train de peindre Ratapoil pour l’Association des Amis d’Honoré Daumier, exposée à l’Assemblée Nationale.